Virus grippal A(H1N1)

A la fin du mois d’avril 2009, les premiers cas humains de grippe A(H1N1) sont confirmés en Europe, seulement quelques jours après la découverte des premiers cas au Mexique et aux Etats-Unis. Dès le début du mois de mai, l’Asie est touchée, suivie de l’Afrique au début du mois de juin.

Après avoir relevé successivement les niveaux d’alerte pandémique, l’OMS annonce le passage en phase 6 le 11 juin 2009 : l’état de pandémie est déclaré.
 

 

Grippe A(H1N1) : définition 

La nouvelle grippe A(H1N1) est une infection humaine par un virus grippal qui infecte habituellement les porcs. Dans l’épidémie actuelle, les virus isolés chez les malades sont des virus qui appartiennent à la famille A(H1N1).
Dans le cas présent, ce n’est pas une grippe porcine. C’est une infection due à un virus qui s’est développé chez le porc mais qui maintenant se transmet d’homme à homme.
Ce virus est différent du virus H1N1 de grippe saisonnière, virus d’origine humaine qui circule habituellement.
Il est important de souligner que les premiers cas humains de grippe A(H1N1) ne remontant qu’au mois d’avril 2009, l’ensemble des connaissances acquises reste à compléter et à confirmer.

 

Populations exposées 

Les cas de grippe vont actuellement d’une atteinte bénigne des voies respiratoires supérieures à de sévères pneumonies. Le virus touche principalement les sujets âgés de 5 à 50 ans et son incidence est plus basse chez les sujets âgés de plus de 65 ans. Actuellement, la proportion du risque de mortalité liée à la grippe A(H1N1) est modérée, proche de celle de la grippe saisonnière, mais touche des personnes plus jeunes qu’à l’habitude. Il est à noter que la majeure partie des patients décédés de cette infection (entre 50 et 90 %) présentaient des pathologies sous-jacentes. La grossesse constitue un terrain prédisposant aux complications pour la grippe A(H1N1), surtout durant le troisième trimestre de la grossesse. La problématique spécifique des enfants reste encore mal connue. A priori, s’il n’existe pas de risque particulier chez les nourrissons de moins de 6 mois, les enfants en âge d’être scolarisés sont les populations les premières et les plus touchées et constituent la principale source de dissémination de la grippe.

 

Comment répondre à la pandémie grippale ? 

Les moyens sanitaires de prévention et de lutte contre la pandémie comprennent des moyens d’action de type individuel (ex : respect des règles d’hygiène) et des démarches collectives. Ces moyens de prévention passent également par l’utilisation d’antiviraux (en traitement curatif) et de vaccins.
Concernant la stratégie vaccinale à adopter, plusieurs pays ou institutions ont donné leurs recommandations. En France, pour le Haut Conseil de la santé publique les priorités en termes de vaccination sont les suivantes :

  • en priorité, les personnels de santé, médico-sociaux et de secours, en commençant par ceux qui sont amenés à être en contact fréquent et étroit avec des malades grippés ou porteurs de facteurs de risque ;
  • les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre ;
  • l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois ;
  • les nourrissons âgés de 6 à 23 mois avec facteur de risque ;
  • les sujets âgés de 2 à 64 ans avec facteur de risque ;
  • les nourrissons âgés de 6 à 23 mois sans facteur de risque ;
  • les sujets âgés de 65 ans et plus avec facteur de risque ;
  • les sujets âgés de 2 à 18 ans sans facteur de risque ;
  • les sujets âgés de 19 ans et plus sans facteur de risque.

 

Vaccination par les médecins libéraux 

Dans sa lettre du 12 janvier 2010, adressé à tous les médecins libéraux, la Ministre de la Santé et des Sports, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, leur a proposé de vacciner leurs patients contre la grippe A (H1N1) dans leur cabinet médical. Chaque médecin aura l’initiative de proposer à ses patients cette vaccination selon les modalités qu’il jugera les plus adaptées à sa pratique.

 

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré la fin de la pandémie

Le 10 Août 2010, Margaret Chan, directrice générale de l’OMS a déclaré la fin de la pandémie due au virus A (H1N1)."Le monde n’est plus en phase 6 d’alerte pandémique. Nous entrons maintenant dans une période de post-pandémie".

 

Situation actuelle 

Le virus pandémique tend à devenir saisonnier, cependant, en Europe, la souche pandémique est restée dominante au cours de l’hiver 2010-2011, entraînant, notamment au Royaume-Uni, une surcharge des services d’urgence et l’apparition de formes graves de la maladie ; en France l’âge moyen des patients atteints de grippe est de 16 ans, ce qui souligne le tropisme particulier du virus pour les populations jeunes.